Générations X, Y, Z et bientôt alpha… imposent de s’adapter

Les générations X, Y, Z et bientôt alpha se suivent et ne se ressemblent pas… mais alors pas du tout ! Leurs valeurs et leurs caractéristiques principales sont diamétralement opposées. Or nos entreprises (principalement les grandes) sont aujourd’hui gérées en majorité par la génération X, voire encore par quelques baby boomers… un choc des cultures sur lequel il faut à tout prix travailler pour permettre à chacun de se retrouver dans ces organisations trop formatées.

Pour rappel, les générations sont regroupées en tendances fortes. Chaque génération s’est libérée d’un carcan. Chacune a défini ses valeurs en fonction de l’environnement, notamment économique, politique et technologique, dans lequel il a évolué. Chacune apporte son héritage à l’autre et s’est construite sur les acquis de celle d’avant.

On parle beaucoup de ces générations… mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce une volonté d’intellectualiser, de classer les individus ou une véritable tendance ? Carol Allain, conférencier de talent, est auteur d’ouvrages de référence sur le sujet des générations. Vous trouverez en lien l’une de ses conférences (22′) qui s’écoute comme un one man show.

Revenons à nos générations… de quoi parlons-nous ?

La guerre est finie. On panse les blessures et on redécouvre la liberté et l’envie de s’épanouir. Ce sont les baby boomers. Ils sont nés après guerre (entendre la seconde guerre mondiale) jusqu’au tout début des années 60. Leurs valeurs sont loyauté et stabilité. Ainsi, l’entreprise est un lieu d’accomplissement. La carrière est primordiale. Cela signifie qu’on peut rester à vie dans la même entreprise et par conséquent accepter de se soumettre à une autorité supérieure.

68 pointe le bout de son nez… une envie folle de liberté. Se libérer des carcans, des contraintes… voici les X. Ils sont nés entre les années 60 et la fin des années 70. Les X constituent une transition sociale entre deux ères, le passage de l’ère industrielle à celle des services. Ils ont connu le chômage, recherchent en permanence de nouveaux défis et ont une soif d’apprendre et d’expérimenter. Le salaire ne devient plus l’élément suffisant. Ainsi, le travail doit être un lieu d’épanouissement. Les X recherchent donc à participer aux décisions, ils sont critiques et prêts à remettre en cause l’autorité. Ils ouvrent la porte aux Y.

La génération Y, celle qui bouscule les codes…

En France, on l’a longtemps appelée la génération Mitterrand. Ce sont les Y, ceux dont on a beaucoup parlé car ils sont arrivés à grand bruit sur le marché du travail. Ils sont nés dans les années 80 et 90, ont connu le développement technologique fulgurant de l’informatique et d’internet. L’ère industrielle est loin derrière. On est rentré dans l’ère des services et de la connaissance. Leur nom « Y » vient de l’anglais WHY ? C’est en effet la génération du POURQUOI. Celle qui recherche le SENS. Ils sont rebelles face à l’autorité. Par ailleurs, le travail doit laisser de la place à la vie de famille et aux loisirs. C’est pourquoi plaisir et travail ne sont plus opposés. Enfin, ils recherchent plus un coach ou un mentor qu’un chef et la notion de communauté est clé.

Les Z, les primo-accédants…

La dernière génération qui commence à arriver sur le marché du travail est la génération Z. Nés à la fin des années 90 et surtout 2000, ils sont « digital natives ». C’est à dire qu’ils ont grandi avec le numérique. Non pas qu’ils soient tous geeks, mais le digital fait partie du décor. C’est dans leur quotidien. Ce qui les intéresse c’est le SENS. En cela, leurs attentes sont proches de leurs aînés les Y. Mais ils sont encore plus indépendants de l’autorité, tout en étant dépendants de collectifs. Ils sont entrepreneurs. Par conséquent, le salariat ne les fait plus rêver, cela rassure tout au plus… mais c’est en attendant de trouver mieux et de lancer leur e-business ou leur plateforme numérique.

Enfin, la nouvelle génération qui arrive est la génération « α », alpha. Trop jeunes pour en définir encore les caractéristiques, elle se construira au fil des ans sur le modèle de leurs aînés par imitation, en allant plus loin, ou par opposition. Rendez-vous dans quelques années pour les accueillir sur le monde du travail.

Quel impact sur le travail et sur le monde de l’entreprise ?

L’impact est énorme en réalité. Les attentes sont bouleversées. Là où les Baby boomers (BB) ou les X, dans une moindre mesure, attendaient un moyen de subsistance et acceptaient de se soumettre, les Y et les Z y verront un moyen d’épanouissement… ou rien ! Les X disaient je vous donne ma vie, même si je sais qu’il faudra peut-être changer de crèmerie. Les Y disent, je vous donne 4 ans de ma vie, et vous avez intérêt à m’amuser, sinon je m’en vais !

Les BB & les X rêvaient d’être salariés dans les grands groupes. Les Y et les Z rêvent d’entrepreneuriat !

La relation au travail et à l’autorité est donc profondément renversée.

Beaucoup d’entreprises ont fini par comprendre qu’il fallait y aller… il fallait s’adapter. Ainsi nous voyons apparaître sur les réseaux sociaux moult initiatives à grand renfort de communication. Mais attention, les Y & Z ne s’y tromperont pas. Repeindre en « Agile » ou en « Happy » la façade de l’entreprise ne suffira pas (cf. mon article précédent sur l’happywashing). Il faut réellement lui donner du contenu, travailler sur un changement profond des valeurs et de la culture pour y inclure celles de ces nouvelles générations.

Ne faites pas semblant, foncez !

Alors, vous, les BB et les X encore aux commandes, faites cette transformation et faites-la bien, en profondeur, sinon gare à la vague Y-Z ! Elle pourrait bien vous submerger et fragiliser encore un peu plus l’engagement que vous essayez de ré-insuffler.

Comment ? Incluez toutes les générations dans cette démarche de transformation profonde… pour qu’elles trouvent ensemble ce qui les fera avancer.

Il faut enfin intégrer une nouvelle donne… le turnover est naturel, il peut être même sain. Il doit bien entendu être sans excès ni trop, ni trop peu. Il faut donc le préparer, l’accepter et aider ceux qui rentrent certes, mais aussi ceux qui sortent… C’est ce que décrit avec humour Carol Allain. Non seulement le Y vous dira qu’il ne vous donne que 4 ans de sa vie, mais il ajoutera une autre condition : que vous l’aidiez à créer sa société ! L’accompagnement à la sortie devient donc également un critère d’embauche !

Ceux qui n’auraient pas encore compris que le changement est là, maintenant, vont souffrir de cet aveuglement. En revanche, ceux qui s’attellent à définir un nouveau cadre y trouveront de grands bénéfices et surtout une pérennité. Ils se prépareront en effet dès maintenant à accueillir les Z et bientôt les alphas, qui apporteront leur lots de nouvelles idées et de challenges !

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